Laurent Lafitte et Tomer Sisley en masterclass : le métier d'acteur se travaille
En mai, Laurent Lafitte. En octobre, Tomer Sisley. Deux acteurs en activité ont pris le temps de répondre aux questions des élèves de l'école ACT. Paris. Leurs parcours n'ont presque rien en commun, et pourtant la même idée est revenue dans les deux salles : jouer est un travail, et ce travail ne s'arrête pas à la sortie de l'école.
Laurent Lafitte, 26 mai 2026
Laurent Lafitte s'est formé notamment au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. Pensionnaire de la Comédie-Française de 2012 à 2024, il a quitté la troupe après avoir joué Cyrano de Bergerac, et a reçu en février 2026 le César du meilleur acteur pour La Femme la plus riche du monde, de Thierry Klifa.

Devant les élèves, il n'a pas raconté une ascension. Il a raconté ses débuts, les périodes difficiles, et la manière dont il travaille aujourd'hui. Trois idées sont revenues tout au long de l'échange :
Les obstacles font partie du parcours. Les refus ne sont pas un accident de carrière : ils en sont la matière ordinaire, et il faut les traverser sans abandonner.
Le travail ne s'arrête pas. Un acteur continue d'affiner son instrument, sa voix, son corps, sa justesse, bien après la fin de sa formation.
Écrire aide. Plusieurs élèves ont retenu ce conseil : écrire fait partie du métier, au même titre que jouer.
Ce que les élèves en ont dit
Juste après la rencontre, plusieurs élèves ont accepté de répondre face caméra. Extraits.
« J'ai décidé d'être comédienne en voyant Laurent Lafitte jouer Roméo et Juliette à la Comédie-Française. Donc là, je suis un peu comme une ouf. »
« De loin, c'est une personnalité publique, qu'on met un peu sur un piédestal. Et en fait, on a juste parlé à un humain, qui a aussi galéré, qui a vécu plein d'expériences dans sa vie. »
« On pouvait lui poser des questions ouvertement, sans jugement, sans performance non plus. C'est très important : il n'y avait pas de performance. C'était juste un échange d'humain à humains, qui aiment le métier. »
« Il nous disait qu'écrire, ça aidait beaucoup. C'était un discours qui n'avait pas pour but de motiver, mais qui nous a motivés. »
« C'était intéressant de normaliser le fait que ça ne se fait pas en un jour. Aujourd'hui, avec les réseaux, on peut penser que les carrières se font en un claquement de doigts. Alors que non : c'est du travail. »
« Il faut rester curieux. Tant qu'on travaille, il y aura des opportunités. Il faut pousser les choses soi-même, ne pas avoir peur d'y aller. »
Cette dernière phrase rejoint une réalité que l'école ne cache pas à ses élèves : une bonne part d'un parcours d'acteur passe par ce qu'on initie soi-même, l'écriture, les courts métrages, les projets montés à plusieurs.
Tomer Sisley, 14 octobre 2026
On a vu Tomer Sisley dans Largo Winch, dans la série Balthazar sur TF1, et cet été dans GIGN, mini-série diffusée sur Netflix depuis juillet. Pour sa venue, les élèves de toutes les formations professionnelles de l'école se sont retrouvés sur le même plateau.

La séance s'est construite autour de deux approches du jeu, nées toutes deux dans le Group Theatre new-yorkais des années 1930, et qu'on présente souvent comme opposées :
Lee Strasberg et la mémoire émotionnelle. Strasberg, qui a longtemps dirigé l'Actors Studio, demandait à l'acteur d'aller chercher dans son propre vécu de quoi nourrir un personnage.
Sanford Meisner et l'écoute. Meisner, qui enseignait au Neighborhood Playhouse, voulait que l'acteur cesse de « jouer » pour réagir réellement à ce que son partenaire lui donne.
Tomer Sisley n'a pas choisi entre les deux. Il a montré comment il les fait dialoguer dans son propre travail, pour la scène comme pour la caméra.

Ce que l'école en retient tient en une phrase : le vrai ne se fabrique pas, il se provoque. Autrement dit, la justesse n'est pas un état qu'on attend en espérant qu'il vienne. C'est le résultat d'une technique, qui s'apprend et se répète.
Deux parcours, un même constat
Les deux acteurs n'ont ni la même formation ni la même carrière. Ils ont pourtant dit la même chose à des élèves qui commencent : ce métier n'est pas un don qu'on possède ou qu'on n'a pas. Il repose sur des outils, sur la durée, et sur ce qu'on fait entre deux engagements.
Une masterclass ne remplace pas les heures de plateau. Elle permet de confronter ce qui se travaille en cours à la façon dont un acteur en activité s'en sert aujourd'hui, sur scène ou sur un tournage. Les intervenants réguliers de l'école sont dans la même situation : ils exercent le métier qu'ils enseignent.
Se former à l'école ACT. Paris
Le Cursus ACT. forme en trois ans au jeu pour le théâtre et le cinéma. ACT. Soir s'adresse à celles et ceux qui se forment en parallèle d'une activité. PREP'ACT. prépare aux concours des écoles supérieures d'art dramatique.

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